Les vestiges oubliés des Écrins avec Florence Mocci

La découverte d’Ötzi en 1991, une momie préhistorique exhumée dans les Dolomites italiennes, chamboule les certitudes : la haute montagne, que l’on croyait déserte, était bel et bien fréquentée par l’homme. En France, l’archéologie alpine connaît alors un nouvel élan. Florence Mocci, Archéologue CNRS au Centre Camille Jullian, choisit le massif des Écrins comme terrain d’exploration, sillonnant les hauteurs et scrutant chaque replat pour retrouver les traces des premiers montagnards et faire parler une histoire longtemps enfouie sous les glaces.
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Florence Mocci, Les vestiges oubliés des Écrins
À l’âge de douze ans, Florence Mocci découvrait l’archéologie dans un livre de Jean-François Champollion, l’historien qui avait rendu la parole aux pierres muettes des pyramides d’Égypte en déchiffrant leurs hiéroglyphes. Ce jour-là, une évidence s’imposait : elle aussi serait archéologue et consacrerait sa vie à redonner voix aux vestiges du passé.
Une dizaine d’années plus tard, la voilà agenouillée dans la terre, une truelle à la main, à se former sur des chantiers de fouille dans les vallées. Mais chaque été, lorsqu’elle troque sa tenue d’archéologue pour celle de randonneuse et gagne les hauteurs, son œil de chercheuse ne peut s’empêcher de se perdre vers les cimes. Et si la haute montagne, ces massifs rocheux au-delà de 2000 m d’altitude, portait elle aussi la trace d’une présence humaine oubliée ?
Longtemps, la réponse a fait consensus : ces reliefs forment une frontière naturelle trop inhospitalière pour avoir été fréquentée par l’Homme d’autrefois. Puis les glaciers ont reculé, la roche s’est érodée et la montagne s’est mise à parler. Peu à peu, elle a livré ce que le temps semblait avoir effacé : des pierres taillées, les ruines d’un abri, jusqu’à la découverte d’un corps momifié. Autant d’indices qui racontent une tout autre histoire des sommets, celle d’un territoire peut-être parcouru depuis des millénaires.
Dans les années 1990, une poignée de chercheurs décident alors de prendre la montagne au mot et de se lancer, pour la première fois, dans l’archéologie alpine. Florence Mocci, Archéologue CNRS au Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence, est de l’aventure. Ensemble, ils lancent les premières campagnes de fouilles dans le Parc National des Ecrins : des semaines de terrain, à arpenter les hauteurs et sonder le moindre replat, pour espérer un jour, retrouver la trace des premiers montagnards et écrire une nouvelle page de l’histoire des hautes altitudes.
Florence Mocci dans le podcast Les Baladeurs
Après avoir fait de la haute montagne son terrain d’exploration, l’archéologue Florence Mocci part à la recherche des plus anciennes traces de présence humaine dans les Alpes. Avec son équipe, elle arpente les sommets du parc national des Écrins, fouille les plateaux d’altitude et explore les abris sous roche, révélant qu’il y a des milliers d’années déjà, chasseurs, bergers et voyageurs parcouraient ces paysages que l’on croyait autrefois vierges de toute occupation humaine.
Cet épisode a été réalisé par Thomas Firh, accompagné par Inès Cochard. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart. La musique est composée par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux s’est assurée du montage, et Antoine Martin du studio Krispy Record du mixage.

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