Les fantômes de la toundra avec Vincent Munier

Après avoir pisté les espèces les plus reculées du globe, le photographe animalier Vincent Munier partait en 2008 pour l’Arctique canadien, à la recherche d’une silhouette plus insaisissable que toutes les autres : le loup blanc. Une créature à la fourrure immaculée fondue dans l’éclat des neiges éternelles, qu’aucune photographie n’avait pu saisir depuis plus de vingt-cinq ans. Mais dans ce territoire où l’homme n’est qu’un visiteur de passage, il allait devoir apprendre à disparaître, car ces loups que l’on surnomme ici les fantômes de la toundra, portent bien leur nom : les voir relève presque de l’impossible.
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Vincent Munier, Les fantômes de la toundra
À la fin des années 80, dans les profondeurs des forêts vosgiennes, un père et son fils sont tapis sous les feuilles, immobiles et silencieux, l’appareil photo entre les mains. Comme chaque week-end de printemps, ils attendent l’apparition du grand tétras, une espèce d’oiseau emblématique de la région que le père protège avec passion. Pour le fils, de ces premiers affûts naît une vocation : il consacrera sa vie à photographier la beauté du vivant et à révéler la poésie du monde sauvage. Ce jeune garçon, c’est Vincent Munier.

Les années passant, Vincent s’éloigne peu à peu de ses Vosges natales, toujours plus loin, toujours plus seul. Des grues d’Hokkaidō aux ours du Kamtchatka, en passant par la panthère des neiges en Himalaya, il arpente les espaces les plus reculés de la planète, porté par une quête presque spirituelle : saisir cet instant de grâce miraculeux, où l’animal consent enfin à se laisser voir, pour en ramener une image.
Mais après avoir pisté les espèces les plus recherchés du globe, il est une silhouette qui continue de le hanter, plus insaisissable que toutes les autres : celle du loup arctique. Une créature lointaine dont la fourrure immaculée se fond dans le blanc des neiges éternelles, vivant là où le froid dévore tout, dans des étendues si vastes et si désertes que sa présence semble appartenir à un autre monde. Une créature si rare qu’aucune photographie n’a pu en témoigner depuis plus de vingt-cinq ans.
En 2008, Vincent décide de partir sur ses traces au cœur de l’Arctique canadien. Mais dans ce territoire où l’homme n’est qu’un visiteur de passage, il devra apprendre à disparaître et à se faire oublier. Car ces loups arctiques, que l’on surnomme ici les fantômes de la toundra, portent bien leur nom : les voir relève presque de l’impossible.

Vincent Munier dans le podcast Les Baladeurs
Depuis l’enfance, Vincent Munier nourrit une fascination pour les grands espaces et les créatures les plus farouches. Initié à l’affût dès l’âge de douze ans par son père, dans les forêts des Vosges, il fait de cette discipline exigeante le fil conducteur de toute une vie. Après le lycée, il se consacre entièrement à la photographie animalière et part sillonner les régions les plus reculées du globe, de la toundra arctique au plateau tibétain, à la recherche d’une nature encore intacte. Depuis plus de vingt-cinq ans, il piste le sauvage pour en révéler la beauté silencieuse, un travail salué par deux César du meilleur documentaire, pour La Panthère des neiges en 2022 et Le Chant des forêts en 2026.

Cet épisode a été réalisé par Thomas Firh, accompagné par Inès Cochard. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart. La musique est composée par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux s’est assurée du montage, et Antoine Martin du studio Krispy Record du mixage.


Sur les traces d'Alexandra David-Néel avec Priscilla Telmon
En 1924, après un périple de 2000 kilomètres, Alexandra David-Néel pénètre dans la cité de Lhassa au Tibet et devient la première Occidentale à fouler ces terres interdites aux étrangers. En 2004, c’est à pied et en solitaire que Priscilla Telmon part sur les traces de cette célèbre aventurière, elle rejoint Lhassa depuis Hannoï au Vietnam, jusqu'aux rivages sacrés du Gange. Cet épisode au pays des neiges vient clore la quatrième saison des baladeurs, merci d’avoir suivi ces aventures et d’être parti en balade avec nous !

Le taureau espagnol avec Théo Anger
Théo a 16 ans lorsqu'il rencontre les éducateurs de l'association Seuil. Sur décision de justice, après quelques déboires dans ses foyers d'accueil successifs en Normandie, on lui propose une marche de 1 300 kilomètres sur les chemins de Compostelle, au départ de Séville. Une randonnée de plusieurs mois, parsemée de doutes, de colère et de rencontres joyeuses, pour se remettre dans le droit chemin.


Bonus S4 — Extraits choisis au coeur de la quatrième saison
BONUS E46 — En arrivant au Canada, l’écologue Arnoul Mateo a découvert un écosystème forestier moins reluisant que celui qu’on voit à la télé. BONUS E40 — Emmanuelle Périé-Bardout, du collectif Under The Pole, revient sur l’un des plus grands dangers des expéditions polaires : les gelures. BONUS E44 — Le grimpeur belge revient sur la culture musicale de son partenaire de cordée Sean Villanueva, de son instrument fétiche et des concerts improvisés en paroi. BONUS E37 — Le chasseur de tornade Tony le Bastard raconte ses souvenirs de la tempête de 1999, événement marquant pour un enfant déjà passionné par les phénomènes météorologiques. BONUS E39 — Dans la nature, les rencontres animales réservent souvent de belles surprises. La photographe animalière Sandra Bérénice Michel raconte un moment d’échange avec les chamois. BONUS E38 — Au milieu des grands territoires d’Alaska, Damien Castera a rencontré un chercheur d’or « vieille école », de quoi plonger pendant trois jours un peu plus profond dans l’univers de Jack London.

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